Sur ces pages, vous lirez les techniques de la viticulture qui se succèdent tout au long de l’année. Nous avons 42 lignes de 80 pieds en “Cordon de Royat” et 15 lignes en “Guyot simple”. Cette taille se déroule généralement fin novembre, début décembre de l’année qui précède le nouveau millésime. Elle consiste à rabaisser les sarments de l’année à environ 50 cm de hauteur. C’est une taille de “propreté”, qui permet d’avancer le travail du tirage des bois, tout en préservant du gel les bourgeons d’où partiront les sarments de l’année suivante. On en profite pour démêler les vrilles attachées aux câbles et pour retirer les agrafes qui tiennent les câbles parallèles ensemble. Ce travail permettra plus tard d’effectuer le palissage dans de bonnes conditions. Les tailles d’hiver peuvent se dérouler jusqu’au petit printemps. Il s’agit de rafraîchir la vigne. Pour la taille en “Cordon de Royat», l’on ne garde qu’au maximum 5 coursons de belle qualité, les autres étant supprimés. Chacun des coursons ainsi sélectionné, est destiné à porter deux sarments de la future saison, chacun porteur d’une seule grappe.

Le total des grappes sera donc de 10, au maximum. Les coursons doivent être suffisamment espacés (environ 15 cm) pour permettre une bonne aération et un bon ensoleillement de la vigne. Tous les autres coursons sont éliminés à ras de la charpente, afin d’éviter que des sarments n’en poussent au printemps, ce qui nous rendrait la vie impossible, la vigne étant extrêmement vigoureuse! Nous essayons aussi, quand c’est possible, de ramener notre courson le plus près possible de la charpente, car ils s’allongent d’année en année (les sarments se superposent), ce qui rend plus difficile la montée de la sève. La règle d’or en la matière est : « bois d’un an sur bois de deux ans », c’est-à-dire que la vigne produit bien si le sarment qui porte les raisins est un sarment de l’année qui pousse sur un sarment de l’année précédente. Nous éliminons généralement les sarments qui ont poussé sur des bouts de courson des années précédentes.

Nous tentons également, lorsque c’est possible, de préparer un courson dit « de réserve », à l’endroit où la charpente forme un coude à angle droit par rapport au pied. Ce courson peut éventuellement porter une grappe pendant l’année, mais son utilité est surtout de pouvoir éventuellement reformer une nouvelle charpente, en pliant le sarment l’année suivante, s’il est nécessaire de rajeunir le pied. La vigne est prête à accueillir les tailleurs pour la délicate ‘taille à deux yeux’. “Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars”, dit le dicton.

Normalement, La nature se réveille doucement ! Peut-être que ça et là, des bourgeons commencent à gonfler. Comme l’on a choisi lors de la taille d’hiver les sarments qui porteront du fruit durant l’année, il “suffira” de ne garder que deux “yeux” sur chacun d’eux, deux bourgeons. L’on coupe le sarment au dessus du deuxième bourgeon. Il faut garder les yeux qui sont au plus près du bois, à l’exception de “l’oeil borgne” qui se trouve à la racine du sarment et qui ne compte pas. C’est un moment de réflexion primordiale quant à la bonne organisation de la souche et à sa longévité. C’est une opération à mener avec attention et sérieux ! La conséquence directe de la taille est la formation de plaies de taille ! Chaque coup de sécateur laissera donc une coupure par laquelle s’écoulera de la sève si l’on est en sève montante : ce sont les “pleurs” de la vigne ! L’angle de la coupe doit être bien orienté, car la sève qui s’écoule peut recouvrir les bougeons qui risquent de “griller” au soleil par l’effet de loupe. Très vite, les canaux sectionnés vont se boucher par l’action de bactéries présentes dans le liquide, qui vont former une sorte de bouchon gluant et arrêter les pleurs. Ceux-ci empêchent les bactéries, virus et parasites de pénétrer dans les canaux du sarment et de se répandre ensuite dans la souche. Tailler tard, en sève montante est donc une stratégie pour limiter les contaminations par les champignons, notamment l’Esca.

Taille à 50 cm
Taille d’hiver
Taille à deux yeux
Epamprages
Palissages
Ecimages
Effeuillages
Rognage ou chasse aux entrecoeurs
Vendanges

Nos deux cépages, le Pinot noir et l’Auxerrois, sont plantés à raison de 57 lignes de 80 ceps (les 2/3 supérieurs de la vigne en Pinot noir, le tiers inférieur en Auxerrois). La majorité est taillée en Cordon de Royat, tandis que 15 lignes sont taillées en cordons Guyot, à titre expérimental. Il s’agit donc de soigner, tout au long de l’année, 4.560 pieds. En voici, de manière résumée, les étapes :

1. La taille “à 50 cm”. Après les vendanges, la vigne repose. Lentement, la sève descend. C’est un moment important pour la fabrication de l’amidon du bois. Une fois la sève entièrement descendue, l’on peut procéder à une première taille qui consiste à abaisser les sarments à environ 50 cm de hauteur. C’est une taille de propreté, qui permet d’enlever déjà une partie des bois que l’on tire hors des fils. Cette étape permettra de voir plus clair lorsque l’on abordera les tailles d’hiver. On en profite pour démêler les vrilles attachées aux câbles et pour retirer les agrafes qui serrent les câbles parallèles. Ce travail permettra plus tard d’effectuer le palissage dans de bonnes conditions

2. Les tailles d’hiver Les tailles d’hiver peuvent se dérouler jusqu’au petit printemps. Il s’agit de rafraîchir la vigne. Pour la taille en “cordon de Royat”, on garde, au maximum, 5 coursons de belle qualité, les autres étant supprimés. Chacun des coursons ainsi sélectionné, est destiné à porter deux sarments de la future saison, chacun porteur d’une seule grappe. Sera laissée plus tard à l’appréciation du tailleur le choix de ne conserver qu’un seul sarment par courson, alors porteur de deux grappes. Le total des grappes ne dépassera jamais 10 par cep. L’on privilégiera plutôt 8 grappes. Les coursons doivent être suffisamment espacés (environ 15 cm) pour permettre une bonne aération et un bon ensoleillement de la vigne. Tous les autres coursons sont éliminés à ras de la charpente, afin d’éviter que des sarments n’en repoussent au printemps. Le vigne est en effet vigoureuse ! La règle d’or en la matière est : « bois d’un an sur bois de deux ans », c’est-à-dire que le sarment qui porte les raisins est un sarment de l’année en cours qui pousse sur un sarment de l’année précédente. Le sarment de l’année précédente, conservé en qualité de “courson” est conservé dans sa hauteur à 50 cm. Ce n’est que plus tard qu’il sera rabattu. Cela permet d’éviter que le gel ne s’installe au niveau des bougeons qui seront conservés pour produire les sarments fructifères. Nous tentons également, lorsque c’est possible, de préparer un courson dit « de réserve », à l’endroit où la charpente forme un coude à angle droit par rapport au pied. Ce courson peut éventuellement porter une grappe pendant l’année, mais son utilité est surtout de pouvoir éventuellement reformer une nouvelle charpente, en pliant le sarment l’année suivante, s’il est nécessaire de rajeunir le pied.

3. La taille “à deux yeux”.Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars“, dit le dicton. Normalement, la nature se réveille doucement ! Certaines années, des bourgeons commencent à gonfler. Comme l’on a sélectionné, lors de la taille d’hiver, les sarments qui porteront du fruit durant l’année, il “suffira” de ne garder que deux “yeux” sur chacun d’eux, deux bourgeons. L’on coupe le sarment au dessus du deuxième bourgeon. Il faut garder deux les yeux qui sont au plus près du bois, sans compter “l’oeil borgne” (ou “bourillon”) qui se trouve à la racine du sarment et qui ne compte pas. C’est un moment de réflexion primordiale quant à la bonne organisation de la souche et à sa longévité. C’est une opération à mener avec attention et sérieux ! La conséquence directe de la taille est la formation de plaies ! Chaque coup de sécateur laissera donc une coupure par laquelle s’écoulera de la sève si l’on est en sève montante : ce sont les “pleurs” de la vigne ! L’angle de la coupe doit être bien orienté, car la sève qui s’écoule peut recouvrir les bougeons qui risquent de “griller” au soleil par l’effet de loupe. Très vite, les canaux sectionnés vont se boucher par l’action de bactéries présentes dans le liquide, qui vont former une sorte de bouchon gluant et arrêter les pleurs. Ceux-ci empêchent les bactéries, virus et parasites de pénétrer dans les canaux du sarment et de se répandre ensuite dans la souche. Tailler tard, en sève montante est donc une stratégie pour limiter les contaminations par les champignons, notamment l’Esca.

4. L’épamprage Malgré tous les soins apportés à sélectionner les bougeons utiles, l’on constate que la vigne produit de nombreux bougeons “parasites” indésirables, qu’il faut impitoyablement éliminer. Tant sur le pied, depuis le sol, que sur l’ensemble de la charpente. C’est un travail inlassable, qui se poursuivra tout au long de l’été.

5. Le palissage Les sarments sélectionnés sont conduits entre deux câbles parallèles lorsqu’ils atteignent la hauteur nécessaire. Il poursuivent ensuite leur croissance et atteignent les deux câbles parallèles supérieurs, entre lesquels ils sont à nouveau palissés.

6. L’écimage Une fois parvenus à 2m de hauteur, les sarments sont “écimés”, pour stopper leur croissance, en hauteur du moins.

7. Rognage ou “tailles en vert”, “chasse aux entre-cœurs” et effeuillage La vigne, dans sa vigueur, produit un “entre-coeur” à la jonction du sarment avec chaque feuille. Chacun doit être éliminé, à défaut de quoi, il produira lui-même un nouveau sarment qui peut atteindre un ou deux mètres de long ! L’élimination de tout ce feuillage inutile est cruciale pour permettre une correcte aération des sarments porteurs de fruits. Cette aération est la première technique de prévention des maladies fongiques. Il s’agit d’un travail considérable, qui se poursuit tout l’été, inlassablement. C’est aussi la fonction d’un effeuillage léger au niveau de la zone des grappes. L’on enlève les feuilles qui sont en contact avec les grappes, pour permettre à l’air de circuler et d’aérer les grappes. Toujours pour diminuer les risques de développements des maladies.

8. La lutte contre les maladies La vigne est sensible à diverses maladies “fongiques” (causées par des champignons). Sans intervention humaine, ces maladies détruisent le feuillage et les fruits, empêchant toute récolte. En Belgique, région septentrionale, la pression des maladies est fortes, surtout celle du mildiou et du botrytis, et, dans une moindre mesure, celle de l’oïdium. La Mazelle a choisi la voie de l’agriculture raisonnée. Elle privilégie la prévention, tout particulièrement par une discipline de tailles sévère. Les traitements sont espacés autant que la nature le permet. Les dosages de produits appliqués sont modérés. Tous les produits utilisés sont agréés en Belgique pour la production de vin.

9. Les vendanges Lorsque les vignerons ont bien travaillé tout au long de la saison, ils peuvent offrir au maître de chai des grappes qui concentrent tous les arômes et tout le sucre que nos cépages peuvent produire. La qualité de cette concentration dépendra étroitement de la limitation du nombre de grappes et de la végétation. L’énergie de la vigne, dans le cadre d’un tel travail, ne se disperse pas dans un trop grand nombre de grappes, ni en végétation superflue. Modeste, Géry de Broqueville, notre maitre de chai, professe que 80% de la qualité d’un vin provient du travail du viticulteur.

Thérèse