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Le vignoble de La Mazelle

janvier 2007 - n° 4
ezine du vignoble de La Mazelle à parution aléatoire



Sommaire

Edito

Le premier soutirage
Et le Pinot noir ?
Quand déguster ?
2007
La taille
l'asbl
La Saint-Vincent

 

Edito du maître de chais

Je vous envoie, au nom du vignoble de la Mazelle nos meilleurs voeux pour l'année 2007 à l'image de ce que nous voulons faire de notre vin, c'est à dire un grand !

Nous avons déjà effectué un premier soutirage des vins blancs et il me semble que la cuvée 2006 sera un bon cru. Ce sont des arômes de toute nature qu'ont accueillis nos narines avec délectation.

Ce plaisir immense que nous avons eu à découvrir ainsi les premiers vins nous le devons à tous ceux qui ont travaillé dans la vigne depuis ce fameux 30 juillet 2006, il y a bientôt 6 mois !

Nous sommes en plein dans l'hiver, peu rigoureux certes, et les travaux de cette période sont en cours... nous avons commencé la saison 2007 en novembre 2006 !

Bonne lecture,

Géry



Le premier soutirage

En terme de soutirage, celui qui est effectué juste après la fermentation n'est pas compté dans les soutirages de décantation. Pour les vins blancs nous devrions compter 2 à 3 soutirages avant collage du vin, filtrage et mise en bouteille. Nous nous approchons à grand pas d'un deuxième soutirage qui va se faire très prochainement. Le dernier en date est celui que nous avons effectué le 2 décembre 2006. Je ne vais pas recommencer toutes les explications d'autant qu'elles se trouvent sur les albums photos du site Internet d'Asmae (Clique ici)

Regardez bien nos mines réjouies dans les dernières photos et vous comprendrez bien à quel point nous sommes satisfaits de la production actuelle. Chacun des blancs a un arôme différent. Seul l'Auxerrois nous a réservé une surprise bizarre, il nous semblait n'avoir aucun arôme ni goût ! sauf peut-être une lointaine réminiscence de fleur blanche... Celui-là, nous devons encore en extraire les arômes... C'est certain.

Et le pinot noir ?

Le pinot noir est en train de bonifier en tourie. Nous avons décidé de ne pas mélanger le vin de goutte et le vin de presse. Le vin de goutte est issu du jus qui a été mis dans la presse mais qui s'est écoulé naturellement sans que l'on ait mis le pressoir en route. A contrario, le vin de presse est celui qui a été obtenu lorsque l'on a pressé le moût pour retirer le dernier jus. Ce vin est beaucoup plus tanique et d'un rouge très foncé. Nous prenons le parti de ne pas mélanger ces deux vins. Comme nous sommes dans une année test, testons les deux vins séparément. Il sera toujours temps de les assembler. Et qui sait nous ferons peut-être un assemblage sur quelques bouteilles pour tester aussi le résultat.

Par ailleurs nous devons l'envoyer se faire analyser en laboratoire pour être sûr qu'il a bien fait sa fermentation malolactique. A ce propos, mon maître à penser dans les questions de vinification, Christophe Waterkeyn, m'a dit que je m'étais planté dans l'explication de cette fermentation. Dont acte ! Voici donc l'explication que Wikipedia donne : "En vinification, la fermentation malolactique est la transformation de l'acide malique en acide lactique par l'intermédiaire de bactéries anaérobies appelées bactéries lactiques. Se traduisant par une diminution de l'acidité, elle permet une stabilisation et un assouplissement du vin, particulièrement recherchés pour la vinification en rouge.

La fermentation malolactique intervient généralement après la fermentation alcoolique et provoque un dégagement de gaz carbonique avec une légère augmentation de l'acidité volatile du vin.

Souvent appelée "malo" par le praticien, cette fermentation amène généralement des arômes lactés/beurrés. Dans certains cas, surtout si le vin est stabilisé trop tôt après fin de fermentation, des arômes de diacétyl (beurre rance), bien évidemment non recherchés, peuvent persister. L'équation chimique correspondante est la suivante (transformation de l'acide malique en acide lactique) : COOH-CHOH-CH2-COOH ---> COOH-CHOH-CH3 + CO2"


Quand pourra-t-on déguster ?

Cette même question revient sur toutes les lèvres. Pour le moment, nous n'en savons rien. Normalement si tout se déroule bien, on devrait mettre les blancs en bouteille, au printemps. Après la mise en bouteille, on laissera encore le vin se reposer durant 2-3 semaines.

Et comme nous le racontions dans la lettre précédente pour le rouge il faudra attendre plus longtemps.

Ne vous inquiètez pas, nous vous préviendrons bien assez tôt.


2007

La saison 2007 a commencé en novembre ; des bénévoles ont participé aux premières tailles d'hiver. Nous avons mine de rien beaucoup de boulot pour amender la vigne et l'amener à ce qu'elle produise mieux encore en 2007.

Nous aurons divers travaux à réaliser d'ici le printemps :

- La taille d'hiver
- Analyser des sols et la correction adéquate
- Remettre des tuteurs en acier là où il en faut.
- Rattacher la vigne aux fils de fer du bas
- Passer un désherbant puissant et arracher tous les arbustes qui gènent la croissance de la vigne
- Arracher les vignes malades et mortes
- Arracher le cépage Vionier se trouvant sur les lignes 1 à 3
- Replanter du Sirius sur ces trois lignes pour compléter les 4 lignes déjà présentes, ce qui nous amènera à avoir 560 pieds de Sirius au total.

Comme les plus jeunes sont en plein examens nous ne les appelons pas à travailler avec nous, mais dites-vous que chaque week-end nous nous trouvons dans la vigne. Donc si vous voulez nous donner un coup de main pour assurer la taille, n'hésitez pas à nous contacter.

Mais je laisse aussi la parole à notre maître de tailles


La taille

Vous le savez, notre vignoble a connu quelques années de vie semi-sauvage. Nos pieds ont mis cette liberté à profit pour laisser faire des mouvements un peu bizarre à leurs charpentes. Celles-ci se sont parfois dédoublées, et comptent parfois des dizaines de coursons ! C'est évidemment pittoresque, voir parfois artistique, mais certainement pas optimal si l'on veut produire du vin !

En effet, une vigne doit être éduquée, afin d'en retirer un bon rendement (en termes de volume) et une bonne concentration de l'énergie, et donc du sucre et des arômes.

Nous avons évidemment commencé la saison 2007 par la traditionnelle taille d'hiver, comme la plupart des vignobles. Celle-ci consiste à raccourcir les sarments qui ont porté des raisins en 2006 à environ 50 cm, afin de dégager la vue pour les tailles suivantes, tout en préservant du gel les yeux d'où
partiront les sarments de 2007. Pour cela nous avons été bien aidés par l'entrain de nombreux bénévoles !

Mais le travail ne s'est pas arrêté là ! Nous avons ensuite commencé un travail long et fastidieux de rafraîchissement de la vigne. En quelques mots, vu que notre vigne est taillée selon la taille "royat", le but est d'avoir pour chaque pied, une charpente (le bois horizontal) la plus lisse et la plus droite possible, avec des coursons qui devront porter les sarments (verticaux) et donc les grappes des années suivantes. Les opérations que nous réalisons sur chaque pied sont donc les suivantes :

1. Nettoyer le pied des vignes, afin d'éliminer tous les coursons qui pourraient y pousser : ils sont inutiles, puisqu'ils prennent de l'énergie mais ne sont pas utilisés pour produire du raisin.

2. Reformer une charpente droite, s'étendant jusqu'au pied suivant, afin de gagner de la place pour en voir pousser deux sarments qui porteront du raisin. C'est en éliminant les morceaux de charpente qui poussent de travers ou qui se sont dédoublés et en pliant à l'horizontale un sarment de l'année 2006 que nous arrivons à rallonger cette charpente. Mais ce n'est pas toujours
possible. Certains pieds devront encore attendre un an !

3. Nous tentons également, lorsque c'est possible, de préparer un courson dit "de réserve", environ à l'endroit où la charpente forme un coude à angle droit par rapport au pied. Ce courson peut éventuellement porter une grappe pendant l'année, mais son utilité est surtout de pouvoir éventuellement reformer une nouvelle charpente, poussant dans l'autre sens, lorsqu'il sera
nécessaire de rajeunir le pied.

4. Sur la charpente-même, nous tentons de sélectionner 4 à 6 coursons (en fonction de la taille de la charpente) qui porteront les sarments 2007. Ces coursons doivent être suffisamment espacés (environ 15 cm) pour permettre une bonne aération et un bon ensoleillement de la vigne. Tous les autres coursons sont éliminés à ras de la charpente, afin d'éviter que des sarments
n'en poussent au printemps, ce qui nous rendrait la vie impossible, la vigne étant extrêmement vivace ! Nous essayons aussi, quand c'est possible, de ramener notre courson le plus près possible de la charpente, puisque ces coursons s'allongent d'année en année (les sarments se superposent), ce qui rend plus difficile la montée de la sève. Pour que votre information soit complète, sachez que la règle d'or en la matière est : "bois d'un an sur bois de deux ans", c'est-à-dire que la vigne est la plus productive si le sarment qui porte les raisins est un sarment de l'année qui pousse sur un sarment de l'année précédente. C'est donc dans ce sens là que nous éliminons également les sarments qui ont poussé sur des bouts de courson des années précédentes.

Lorsque ce long travail sera achevé, nous rentrerons normalement dans les schémas classiques de la conduite d'une vigne, avec comme prochain rendez-vous, juste après les dernières gelées, une taille des sarments qui sont maintenant taillés à 50 cm, "à deux yeux", les yeux étant ces petites boules d'où partiront les nouvelles pousses au printemps.

Charles-Albert


L'asbl Vignoble de La Mazelle

Le Vignoble de La Mazelle prendra sous peu la structure juridique d’ASBL. Ses statuts sont en gestation, de même que toutes les formalités plus officielles par lesquelles nous devrons passer. Pourquoi une ASBL ? Nous n’avons pas l’intention de poursuivre un but lucratif. Nous aimerions promouvoir le bon vin, le folklore qui l’entoure, l’amitié qu’il permet de générer entre tous ceux qu’il passionne ; nous aimerions que le Vignoble de La Mazelle soit un lieu riche de rencontres. Nous souhatons aussi qu'il puisse aider d'autres associations à poursuivre leurs buts sociaux et nous pensons tout particulièrement à Asmae. Il va de soi cependant que le vin ne se fait pas sans frais (matériel, produits, etc …). Nous devrons donc trouver des sources de financement, comme, par exemple, la vente de bouteilles issues de notre production ou l’organisation de manifestations diverses, pour parvenir à boucler notre budget.

Dans notre future structure, les rôles se dessinent petit à petit :

Notre Maître de Chais est, comme vous le savez, Géry de Broqueville. Son but est de développer ses connaissances pour obtenir des vins de grande qualité ; c’est la qualité qui prime dans notre esprit, pas la quantité. Géry se dépense sans compter pour accéder à un savoir qui s’avère particulièrement complexe. La quantité de connaissances qu’il a accumulées en 6 mois est impressionnante. A ses côtés œuvre François de Wouters, ingénieur de formation, qui est particulièrement précieux par ses connaissances en chimie.

 

Notre Maître de Tailles est Charles-Albert de Radzitzky ; après avoir été formé aux meilleures écoles (les Vignobles amis à qui nous devons tant !), Chabert ou Charly (c’est selon les « appellations » d’origines … non contrôlées) est devenu un maître de taille intraitable et perfectionniste, qui passe et repasse dans les lignes pour « récupérer » la vigne maltraitée les années précédentes ; sa sévérité a pour but de rendre aux coursons choisis une vigueur qu’ils n’ont pas connue depuis longtemps. Ses efforts seront  certainement couronnés de grappes vigoureuses pour notre prochaine récolte. Il est assisté dans son travail par de joyeux bénévoles …

 

Le « Maître des rosiers » qui sera tenu par Pascaline della Faille ; il s’agira de planter un rosier au bout de chaque ligne de vigne. Le but n’est pas uniquement esthétique ; en effet, le rosier réagit le premier à l’arrivée de maladies et prévient donc de la présence de celles-ci, ce qui permet de traiter immédiatement la vigne en cas de nécessité.

 

« Maître des sols » qui sera François de Wouters. La chimie des sols a un rôle important dans le développement de la vigne et est essentielle dans l’apparition des arômes qui s’épanouiront dans nos vins. Il y aura encore d’autres « Maîtres », peut-être parmi vous qui nous lisez,  si vous avez une compétence en harmonie avec le travail de la vigne et du vin … A vous de jouer !

 

Quant à moi, je suis modestement l’assistante administrative, chargée de la structure, de la trésorerie, des démarches administratives … Bref, le « pas marrant du tout », mais indispensable ; je ne dédaigne cependant pas de participer à une opération « soutirage » dans le chai, ni de tenter de comprendre la chimie du vin, ni de passer quelques heures à tailler … On se sent si bien après ce travail dans notre belle nature de La Mazelle ! N’hésitez-pas à venir nous rejoindre !

 

Thérèse de Radzitzky 


Le 22 janvier 2007 : la Saint-Vincent

Nous étions un peu présomptueux en annonçant que nous fêterions la Saint-Vincent le 22 janvier. En effet, beaucoup de personnes seront en partance pour des sports d'hiver bien mérités puisque c'est la fin des examens. Même votre maître de chais a choisi cette date pour aller se reposer sur les cîmes "enneigées". Nous ne fêterons pas ensemble la Saint-Vincent mais ce n'est que partie remise.

 

 

 

LE VIGNOBLE DE LA MAZELLE
B-6500 Beaumont

E-mail : gery@asmae.org
Futur web : www.lamazelle.be

 

Cet ezine est envoyé à toutes les personnes qui ont déjà travaillé dans la vigne ou qui sont intéressées par le Vignoble de La Mazelle. Si vous ne désirez plus recevoir cet ezine, envoyez un mail à l'adresse-dessus